Retrouver le guerrier en nous

Cela faisait presque deux ans que j’étais devenue passive. Pendant ces deux années, j’ai eu des emplois ou des contrats qui n’étaient pas dans mon domaine d’étude, j’ai déménagé à quelques reprises et mon cercle d’amis a largement diminué. Je n’étais effectivement pas satisfaite de ma vie, me plaindre de ma situation faisait partie de mon quotidien. Je crois qu’on ne naît pas passif, on le devient tranquillement avec le temps. C’est justement ce qui me faisait le plus peur dans tout cela. J’avais peur de jamais avoir la force de me sortir de cet apathie qui gagnait mon être et venait m’infecter comme un poison. J’avais peur de me retrouver à 50 ans toujours avec ce même sentiment de frustration et désillusion qui ferait maintenant partie complètement de moi et de ma personnalité. Il me fallait retrouver le guerrier en moi.
C’est après une discussion avec ma belle-mère que j’ai décidé de me prendre en main. Il fallait que je retrouve de petites étincelles à rajouter à ma vie pour la rendre plus plaisante et accomplie. Je commençai par me décider à enfin prendre des cours universitaires à distance afin d’entraîner mon esprit de nouveau. Puis, je me souvins du dicton : « Un esprit sain dans un corps sain». Maintenant que ma tête était prête à rencontrer de nouveaux défis, il fallait à présent me trouver quelque chose à faire avec mon corps.

Comme plusieurs personnes, j’ai tenté la course, mais contrairement à la plupart des gens, je n’ai pas eu la piqûre. Un bon matin de fin d’août, j’ai finalement reçu par la poste le cahier des cours offerts par la ville. En tournant les pages, j’ai vu que deux cours pouvaient facilement s’intégrer à mon horaire, soit la boxe et le taekwondo. J’ai finalement opté pour le deuxième choix, car j’avais goûté aux arts martiaux durant mon adolescence et je me disais que cela serait facile. J’ai alors contacté le maître et je me suis rendue à mon premier cours en pensant que malgré ma paresse des derniers mois je serai toujours aussi en forme que lorsque je m’entraînais deux fois par semaine il y a quelques années. C’est là que j’ai eu ma première leçon sur le long chemin pour retrouver ma combativité. De tous les taekwondoïstes de mon cours, j’étais premièrement la plus vieille et deuxièmement la moins en forme. Moi qui était arrivée aussi fièrement qu’un paon s’est rapidement mis à en baver jusqu’à même presque perdre connaissance en tentant de suivre ces adolescents futurs champions olympiques.

J’aurais pu arrêter là et dire que c’était trop pour moi. J’ai cependant retroussé mes manches et suivi un deuxième cours. Il fallait tout d’abord que j’apprenne où étaient mes limites pour ensuite les dépasser graduellement. Il fallait que je me donne le temps et l’humilité d’apprendre et d’accepter que j’étais débutante. Après un certain temps où j’ai dû pratiquer les coups de pieds de base sans relâche, j’ai eu la chance de gouter au combat. Il y eut un déclic. Je dois toutefois vous expliquer que je ne suis pas une fille violente et combative, mais au contraire douce et gentille. Par exemple, si j’étais un animal, je serais probablement un mouton. Bref, j’ai eu la chance de combattre contre un jeune ayant sa ceinture bleu. Je dois vous avouer que je me suis fait laver, mais je n’ai pas baissé les bras et j’ai tout fait pour ne pas lui rendre la tâche facile. Le plus beau dans tout cela est que j’ai adoré ça!

Cela fait maintenant deux mois que je pratique ce sport deux fois par semaine. Le taekwondo est venu rallumer une petite étincelle en moi et j’ai maintenant le goût de me battre pour changer les choses qui me plaisent moins dans la vie. On m’a dit à quelques reprises que je ne suis plus la jeune femme qui manquait de s’évanouir en suivant les autres élèves lorsque je suis entrée pour la première fois dans le dojo. Je crois qu’ils ont raison, car il m’arrive de temps en temps de sentir que j’ai un vrai tigre à l’intérieur de moi, qu’il fallait seulement que je le retrouve. Si vous vous sentez pris dans le piège du cercle vicieux de la passivité, je ne vous conseille pas nécessairement de vous lancer dans le taekwondo, mais de tenter à tout prix de redonner à votre corps et votre esprit un feu vivant qui saura vous mener plus loin que vous l’auriez jamais pensé.

Cet article de blogue a été rédigé par Ariane Lessard

Trere are 1 comment on this post

  1. Pascal Boisvert 7 janvier 2016, 10 h 24 min

    Wow exellent article Ariane

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