LES GRANDES ENTREVUES V – Rencontre avec Louise Lacoursière

Vous pouvez aussi découvrir l’entrevue vidéo qu’elle a accordée à GRAND V ici

Entrevue Louise Lacoursière écrivaine :

Quelle a été ta plus grande sortie de zone de confort dans la décision d’écrire des livres ?

Je me croyais bien présomptueuse juste de penser que j’osais penser écrire pour être publiée. « Pour qui tu te prends? » me répétais-je. J’avais une peur bleue du jugement et plus encore de l’échec. À ce point que, pendant sept ans, j’ai fait la recherche pour mieux connaître Anne Stillman en me disant que je trouverais bien quelqu’un qui souhaiterait écrire cette fabuleuse histoire.

Une fois Anne Stillman : Le Procès publié, j’hésitais à me dire « écrivaine ». Le syndrome de l’imposteur me malmenait. J’ai cherché dans les dictionnaires plusieurs définitions, dont celles  d’« écrivain », d’œuvre, d’œuvre littéraire pour m’assurer que je n’étais pas une usurpatrice.

Après ma cinquième publication, Lunes Bleues, une fiction contemporaine, je me suis enfin identifiée à « écrivaine » et je soupçonne avoir adopté sans remords cette dénomination après qu’on m’est reconnue publiquement comme tel, mais je me suis senti « écrivaine » bien avant puisque j’ai toujours été préoccupée par l’esthétisme de mes textes – le souci du beau.

Qu’as-tu appris de toi que tu ne savais pas avant d’entreprendre la rédaction de ton premier roman, et à travers l’écriture de tous ceux qui ont suivi ?

Que l’inspiration est presque un mythe lorsqu’elle n’est pas liée à l’action. Oui, il m’arrive, en marchant, par exemple, de visualiser ou de concevoir d’un coup une scène à partir de quelques mots chuchotés avec insistance comme « Pour l’amour du ciel, allez chercher le Dr Lebel » ou encore « Je t’ai vu, Benjamin » et à plus d’une reprise, l’essence d’une conclusion. Mais la plupart du temps, l’inspiration se manifeste pendant que je suis à l’ouvrage. Parfois, pendant mes séances d’écriture, les mots me viennent si clairement que je dois vérifier dans le dictionnaire la signification de certains d’entre eux pour me rendre compte qu’immanquablement, ils rendent exactement ce que je conçois. Ou les mots me viennent tellement rapidement que mes doigts peinent à suivre ma pensée. Quand cela arrive, je suis tellement reconnaissante! D’où ça vient? Un jour, lors d’une conversation avec Richard Séguin, il m’avait confié qu’il se considérait comme un canal et qu’il n’avait donc pas à s’enorgueillir des textes qu’il écrivait. Je me souviens lui avoir répliqué en badinant qu’il existait sûrement des canaux de meilleure qualité que d’autres.

Quand j’ai lu dans L’Art d’écrire de Pierre Tisseyre : « 10 % de talent peuvent suffire si vous ajoutez 90% de travail, » j’ai pressenti que je pourrais y arriver, car, je suis travaillante. De cela, j’en étais et j’en suis encore convaincue.

J’ai appris… à me répéter… et à me répéter encore : « Écris sans te demander si c’est bon ou pas. Imagine que tu t’adresses à un ami bienveillant, un ami qui ne te jugera pas. Vois déjà de l’intérêt dans son regard. Raconte-lui par écrit ton histoire de A à Z. »

Des conseils pour les jeunes et moins jeunes qui, comme toi, veulent se mettre à l’écriture ?

« Pour arriver à l’écriture, il faut passer par la lecture », lecture de livres et pas seulement d’articles de journaux ou de revues, nous suggère Pierre Tisseyre dans L’Art d’écrire.

Je les inviterais, ces jeunes, quel que soit leur âge, à se poser 4 questions … pour commencer… et à y répondre. Pourquoi écrire? Quoi écrire? Suis-je prêt à m’investir dans ce projet? (On n’écrit pas quand on a le temps. On prend du temps pour écrire.) Alors… Qu’est-ce que je suis prêt à sacrifier pour trouver le temps d’écrire?

Le doute t’habite encore? Tu te demandes « Pourquoi tant vouloir écrire? » Imprègne-toi de cet extrait de… l’Alchimiste de Paulo Coelho

Il y a une grande vérité en ce monde : qui que tu sois et quoi que tu fasses, lorsque tu VEUX VRAIMENT quelque chose, c’est que ce désir est né dans l’Âme de l’Univers. C’est ta mission sur la terre. (…) Et quand tu veux vraiment quelque chose, tout l’univers conspire à te permettre de réaliser ton désir.

Puis, je les inciterais à se mettre au travail après avoir médité cet extrait du chant 1 de L’Art poétique Nicolas Boileau, publié en 1674.

  • Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.
  • Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
  • L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
  • Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
  • Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Ces deux derniers alexandrins sont imprimés en gros caractères et affichés bien en vue dans mon bureau. Chaque fois que j’ai l’impression que la source est tarie ou que les mots ne viennent pas assez vite sous mes doigts, je me dis : « Qu’est-ce que tu veux exprimer? »

Je lui dirais aussi : rédige sans te censurer.  Tu auras tout le temps par la suite de corriger, d’améliorer, de peaufiner ton texte.

Quel que soit son âge, je dirais aussi à mon jeune écrivain : divise le temps, divise la tâche. On ne s’assoit pas devant un ordinateur ou une feuille blanche dans le but d’écrire un livre, mais bien pour se mettre à l’ouvrage 45 minutes. Puis on s’arrête et on prend une pause de 10 ou 15 minutes. Notre cerveau nous en saura gré. On apprend à se dire et à se répéter : « Voilà, j’ai fait de mon mieux… Je continue. »

Quelle est la plus grande leçon de vie que tu as eu la chance de vivre à travers l’écriture ?

La première qui me vient à l’esprit me ramène non pas à l’écriture comme telle, mais à la préparation de mes premières publications. Je pense, entre autres, à une rencontre avec Bud, le fils aîné d’Anne Stillman, avant la publication de mon premier livre, Anne Stillman : Le Procès. J’ai compris avec lui qu’il existait des jeunes de 91 ans et des vieux de 20 ans. J’ai appris que le secret de sa jeunesse résidait dans la perspective de concevoir, puis de mener un projet. « Toujours avoir un projet », quelle qu’en soit la teneur ou l’envergure pourvu qu’il représente de l’importance à nos yeux.

Que peut-on te souhaiter pour la suite de cette aventure ? 

Me souhaiter que l’enthousiasme qui m’habite en ce moment ne se tarisse pas avant la fin de ma vie. Me souhaiter aussi que les rencontres avec les gens (sur le vif, conférence, causerie, entrevue, séance de signatures, en tant que guide de voyage, etc.) se poursuivent aussi longtemps que ma forme physique et intellectuelle me le permettra.

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Mon horaire au Salon du livre de Montréal :

Vendredi 16 novembre 2018

13h30 à 15h           séance de dédicaces

19h à 20h30           séance de dédicaces

Samedi 17 novembre 2018

10h à 11h30           séance de dédicaces

13h30 à 15h           séance de dédicaces

Je serai aussi présente au Salon du livre de Québec et de Trois-Rivières au printemps 2019.

Janvier et février 2019 seront entièrement consacrés à la rédaction du quatrième et dernier volet dans l’Univers de La Saline, dont le titre de travail est La Légataire.

Le 6 mars, je donnerai une conférence pour la Société de généalogie du Grand Trois-Rivières à 13 h 30, à la salle Thomas Caron, 100 rue de la Mairie, Trois-Rivières (secteur Saint-Louis-de-France)

Pour la suivre dans son aventure, c’est par ici :

Je vous invite à consulter la section « agenda » de mon site internet à : www.louiselacoursiere.com

À propos de Louise Lacoursière : 

Détentrice d’un baccalauréat en pédagogie (Université Laval) et d’une formation en enseignement professionnel et en administration (Université du Québec à Trois-Rivières), Louise Lacoursière a d’abord enseigné au secondaire, puis au collégial, pour ensuite diriger un Centre d’éducation aux adultes tout en étant membre du comité de direction et du conseil d’administration de son établissement. Au cours de cette période, elle a collaboré à la rédaction et à la validation de nombreuses productions pédagogiques.

Depuis 2002, elle se consacre exclusivement à sa carrière d’écrivaine et à l’animation culturelle. Les contacts avec des publics de tous âges l’enthousiasment. C’est pourquoi elle adore donner des conférences et des causeries.

Louise Lacoursière s’est fait connaître d’un vaste lectorat grâce à sa trilogie ayant pour héroïne la philanthrope américaine Anne Stillman McCormick. En 2012, une cinquième édition de cette saga a été offerte au public dans la collection 10/10. En octobre 2007, les Éditions Médiaspaul ont fait paraître sa biographie de l’abbé Roland Leclerc et, en octobre 2008, les Éditions Libre Expression ont publié sa première fiction intitulée Lunes bleues. Depuis, elle a publié la trilogie La Saline et trois autres titres dans l’univers de La Saline, le dernier, Vent du large, est paru en octobre 2018. Ces œuvres lui ont valu plusieurs honneurs et prix littéraires.

En mars 2018, les Éditions le Point bleu de Trois-Rivières ont publié son premier livre destiné aux enfants, intitulé Bilouca chez les castors, une aventure de Cassandra et Mathis. Dans un univers festif, on y met en évidence des valeurs telles que la bonté, l’entraide, l’empathie, l’estime de soi et l’amitié.

La Philanthrope

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